Florent d'Argouges

Fiche généalogique



 

Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France - 1881(8)
Auteur : Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France          Edité en 1881

Félibien nous a fait connaître le nom du premier propriétaire et fondateur de l'hôtel Carnavalet, le président Jacques des Ligneris; celui du second propriétaire est resté attaché à la maison; les plans de Jean Marot nous en révèlent un autre, M. d'Argouges,sans fixation de date ni désignation de personne ; Mme de Sévigné nomme (à tort) M. d'Agaurry ; on rencontre ensuite quelques vagues mentions de Brunet de Rancy, de La Briffe, et c'est tout. Les dates, les successions restent indécises. On ne sait même pas pour qui Mansard a opéré la grande transformation, qu'il a pris soin de signer du millésime 1661 au point culminant de sa façade.
Le 18 mars 1544, Jacques des Ligneris achète le terrain aux chanoines du prieuré de Sainte-Catherine. Le titre de cette acquisition, inscrit sur un rouleau de deux aunes de long, était conservé dans le trésor des chartes du prieuré. Un extrait se trouve au cabinet des titres de la Bibliothèque nationale dans le dossier Luillier. Il m'a étéObligeamment communiqué par notre confrère M. Lecaron. Le président fait bâtir et décorer son hôtel par Pierre Lescot et Jean Goujon. Il meurt le 11 août 1556.
Celui-ci le vend en 1578 à dame Françoise de la Baume, veuve de Fr. de Carnavalet, qui le conserva vingt-quatre ans et lui laissa son nom.
Ses enfants, Théodore et Jeanne, femme de Claude du Puy, l'occupent d'abord en commun. Il revient à Théodore seul par suite d'un partage opéré le 28 septembre 1565.
Elle le revendit en 1602 à Florent d'Argouges, trésorier général des maison et finances de la reine Marie de Médicis. C'est le même Florent d'Argouges, sans doute, qui, le 22 janvier 1611, donne titre nouvel de reconnaissance de lods et ventes aux religieux de Saint-Victor, co-seigneurs du fief, et peut-être aussi qui figure encore comme propriétaire dans l'acte de concession de douze lignes d'eau octroyées par le roi Louis XIII en 1629 pour l'hôtel Carnavalet. Mais il est probable que l'hôtel avait passé à son fils Florent II, sieur de Noyen, quand Jean Marot en publia les plans, coupe et élévation, vers 1640, sous le nom d'hôtel d'Argouges. En tout cas, il ne sortit de la famille qu'en 1654 Pa r la vente que « la dame d'Argouges » en fit à Claude Boislève.
Ce Claude Boislève, intendant des finances, était intéressé dans les affaires du roi depuis 1651. …………………

Dictionnaire critique de biographie et d'histoire    

Auteur : A. Jal          Edité en 1867

Vincent Voiture

VOITURE (VINCENT)*. ? 1598—1648.

« Ledit jour, mardy. 26e mai 1648, convoy de prestres pour les entrailles de M. de Voiture, »

— » Du jeudi 28 mai 1648, réception de 42 prestres, et le lendemain en suivant service complet pour deffunct

Monsieur Vincent de Voilure, vivant conseiller du Roy en ses conseils, maistre d'hostel ordinaire de Sa Majesté, introducteur des ambassadeurs près la personne de Monseigr le duc d'Orléans, demeurant rue St-Thomas-du-Louvre, apporté de St-Germ. l'Auxer., inhumé en nostre église. (St-Eustache.)

Ou sait que Voiture fut de la première formation de l'Académie française ; on remarquera qu'il n'est cependant pas qualifié Académicien dans l'acte de son décès.

Le de qu'on donnait par courtoisie à Vincent Voiture, sans doute à cause de sa charge à la cour de Monsieur, n'était pas attaché au nom des Voiture d'Amiens. Voici, tiré du registre de St-Eustache, l'acte de baptême de Fleurent (sic), fils de Vincent Voiture, marchand de vin, et de Jeanne de Collemont, sa femme, demeurant rue St-Denis, acte rédigé le 22 sept. 1605. Voiture est là sans particule. Ce Vincent Voiture, marchand de vin à Paris en 1605, était le père du spirituel auteur des Lettres. Il s'était établi depuis peu rue St-Denis, venu d'Amiens, pour je ne sais quelle cause- Son fils, celui qui fut l'académicien célèbre, et qui porta, comme lui, le prénom de Vincent, naquit en 1598, à Amiens, sept ans avant Florent, son frère, et fut élevé dans la rue St-Denis, où son père avait boutique ouverte. Le marchand de vin avait de bonnes connaissances à Paris dès 1605, car son fils Florent eut pour parrain « noble homme Florent d'Argouges, conseiller et trésorier général de la maison de la Royne », et pour marraine, « Marie Colbert, femme de Nicolas Le Camus, marchand ». Les premières habitudes du poëte Vincent Voiture, dans l'église de St-Eustache, son éducation première, faite dans la rue St-Denis, expliquent pourquoi, mourant sur la circonscription de St-Germain l'Auxerrois, l'habitué de l'hôtel de Rambouillet voulut qu'une portion de lui-même fût enterrée à St-Eustache. Peut-être ses parents y avaient-ils leur sépulture.


Voiture (Vincent). - Littérateur né à Amiens en 1594, mort en 1648. Il reçut une éducation achevée, à Paris, et dès sa jeunesse se fit une petite réputation par des poésies latines et des stances adressées à Gaston d'Orléans qui devint son bienfaiteur. Il devint un des oracles de l'hôtel de Rambouillet (Catherine de Rambouillet) et fut nommé introducteur des ambassadeurs près Gaston d'Orléans qu'il suivit en Lorraine, à Bruxelles, en Languedoc. Après la réconciliation de Monsieur avec la cour (1633), Voiture rentra en grâce par une jolie lettre sur la prise de Corbie aux Espagnols. En 1638, il alla annoncer à Florence la naissance du fils de Louis XIII, devint maître d'hôtel du roi et fut comblé de grâces.
Vincent Voiture possédait au plus haut degré le bel esprit de l'époque, le goût des louanges et l'art de la quintessence : Richelieu et Anne d'Autriche n'échappèrent pas à sa séduction; le moindre de ses mots, de ses quatrains, était célébré par la société dont il était l'idole.