Gratot

Fief de GRATOT

Annuaire du Département de la Manche         Edité en 1852

Gratot, Girardtot, Grartot.

L'église, en forme de croix, se compose du chœur, de la nef et de deux chapelles. ;

Les murs de la nef ont été repris et refaits presque dans leur entier. Le mur méridional présente, une porte cintrée, aujourd'hui bouchée.

Les fenêtres de la nef et des deux chapelles sont de la dernière époque.

Le chœur est du XVe siècle.

Le mur, à l'orient, est droit et se termine par un fronton triangulaire dont les rampants étaient primitivement garnis de feuilles ou de crochets. On en voit encore des restes sur le rampant méridional.

Ce mur est percé d'une fenêtre ogivale à deux baies, divisées par un meneau. Le centre de l'arcade est rempli de compartiments dans le style flamboyant du xve siècle. Un bouquet de fleurs, formant panache, s'élève au-dessus de l'arcade, dont le contour, bordé de fleurs, repose sur des animaux.

Le chœur et la nef sont voûtés en bois. La voûte du chœur est de 1745. Celle de la nef est soutenue par des colonnettes en bois, reposant sur des poutres transversales. On y lit la date de 1620. Sur la poutre la plus rapprochée de la porte occidentale, et qui est plus ancienne que les autres, on distingue un millésime qui doit être celui de 1390 ou de 1399.

La tour qui précède l'église à l'ouest est quadrangulaire. Sa partie inférieure est-en pierres appareillées. Les contreforts qui l'encadrent et s'élèvent pour l'affermir ont peu de saillie, et sont aussi en pierres de choix. Elle se termine par un toit à double égout, à pentes rapides, et dont les rampants ont été ornés de fleurs ou de crochets, que le temps et peut-être aussi la main des hommes ont détruits en partie. Sous l'étage inférieur de cette tour, on a pratiqué un porche dont l'arcade ogivale est ornée d'un chapelet de quatre feuilles, taillées en creux.

Cette tour est évidemment de deux époques. La partie inférieure m'a paru être du XIIIe siècle ; mais l'étage supérieur et l'arcade ogivale du porche sont du XVe siècle, peut-être de la fin du XIVe.

L'escalier qui conduit au haut de la tour était primitivement placé clans la partie basse de cette tour ; mais, lors de l'établissement du porche, il fut reporté dans l'église, où il produit un mauvais effet.

Le porche est garni d'un rang de bancs en pierre, et la porte occidentale de l'église est surmontée d'un petit cadre qui présente en relief la -statue de sainte Barbe.

Le font baptismal, placé près de la porte principale, à gauche dans la nef, paraît être, comme la plus grande partie de l'église, du XVe siècle.

Il consiste en une cuve octogone, reposant sur un fût principal de forme carrée et sur quatre colonnettes auxiliaires aussi de forme carrée. Chaque colonnette a 17 pouces de hauteur, et chacun des huit pans a 19 pouces, de face. Chaque côté est orné de deux petites arcades ogivales, partagées par un meneau.

L'intérieur de Ia cuve est à double compartiment, que divise une simple pierre.

La hauteur totale de ce font baptismal est de 3 pieds 2 pouces.

J'ai relevé sur la cloche l'inscription suivante :

« J’ AI ÉTÉ BAPTISÉE PAR M. LOUIS-NOEL MAILLARD, CURÉ DE GRATOT,
ET NOMMÉE GABRIELLE PAR M. CÉSAR-LOUIS DROGY, MAIRE, ET PAR
NOBLE DAME JACQUELINE-GABRIELLE AUYRAY DE FINCEL,Vve DE
M. GUILLAUME-FRANÇOIS DOUESSEY, ANQEN CONSEILLER DE GRANDE
CHAMBRE AU CI-DEVANT PARLEMENT DE NORMANDIE. Anno Domini 1820. »

Dans le mur septentrional de la nef et dans celui du chœur dû même côté, on remarque deux encadrements en pierre. Celui du chœur est couronné d'une arcade en accolade surmontée d'un bouquet ou panache ; chaque côté du bouquet est orné, de trois petites arcades à ogive. Il y a sous l'arcade deux personnages, un homme et une femme, agenouillés devant une madone. Malgré les mutilations que.ces personnages ont éprouvées, on reconnaît encore les longs plis des vêtements de la femme, et les bottes avec leurs éperons que chaussait l'homme. La forme et tous les accessoires de ce petit monument annoncent le xv9 siècle. On y lit :

(Lettres gothiques.)

Cy devant gist le noble et
puissant Seigneur d’Argouges
……….. baron
qui trépassa en l’an
Mil C.C.C.C.74.

Cy devant gist Demoiselle
Vicomtesse de la Champagne
Dame.... dela
Rondehaye ……..baronne
du dit lieu qui
trépassa l’an mil C. C. C. C. 50.

Les débris d'une pierre tombale de Charlotte, veuve du baron Jean d'Argouges, Seigneur de Gratot.  Les 3 personnages que l'on apercoit sont sans doute saint Charles, le patron de Charlotte, qui la présente à la Sainte Vierge.

Sur les 2 cotés, on peut voir 1 rangée d'écussons. 4 pour l'époux, 4 pour la dame, afin d'indiquer à chacun d'eux leur degré de noblesse.

Il y a dans le chœur plusieurs pierres tombales. Sur l'une d'elles, on voit représentés et gravés au trait un homme et une femme ; ce sont sans doute les deux personnages qui sont à genoux devant la madone. La pierre est divisée en deux arcades à talon qui encadrent les deux personnages. Chaque arcade est surmontée d'un fronton, orné de fleurs et d'un panache.

On en voit aussi une autre, à gauche de l'autel, qui porte la date de 1578. Les armoiries placées sur quelques-unes de ces pierres ont été mutilées ou effacées, et les inscriptions ont tellement souffert qu'aujourd'hui elles ne peuvent plus être lues. Ces pierres recouvrent sans doute les restes de plusieurs membres de la noble et puissante famille d'Argouges.

Dans le cimetière, et dans le mur à l'est, M. le curé de Gratot, qui m'a donné plusieurs renseignements avec une obligeante dont je lui suis reconnaissant, m'a montré un petit groupe mutilé, composé de plusieurs personnages: On y voit un Christ en croix et deux personnes à genoux, un homme et une femme. On reconnait la femme aux longs plis de son vêtement, el l'homme à sa cotte de mailles. Les autres personnages sont très-mutilés.

L'église est  sous le vocable de Notre-Dame, et la fête patronale a lieu le 15 da mois d'août. Elle faisait partie de l'archidiaconé et du doyenné de la chrétienté, et payait 62 livres de décime.

Dans le XIIIe siècle, et d'après le Livre noir, le patronage de l'église de Gratot appartenait à l'abbaye de Montebourg pour la partie de la paroisse appelée Magneville, patronus abbat Montisburgi pro territorio quod dicitur de MAGNEVILLA, et au seigneur de Gratot pour l'autre partie.

Il y avait deux Curés. Chacun d'eux percevait les dimes de sa portion ; mais celui de la portion dont était patron l'abbé de Montebourg payait à celui-ci douze quartiers de froment et une livre de gingembre, unam libram gingib.

Plus tard, et dans le XIVe siècle, l'abbé de Montebourg avait encore le patronage de la petite portion. Le curé percevait tous les fruits et toutes les dimes sur le fief du roi et sur celui du seigneur de Nicorps partout où ils s'étendaient sur Gratot. Il possédait aussi au nom de son église, et du chef de l'abbaye de Montebourg, une pièce de terre de cinq vergées environ, ce qui l'obligeait à payer à l'abbaye, chaque année, à l'époque de la Saint-Michel sûr le mont Gargan, in monte Gargano, sept boisseaux et demi de froment, à la mesure de Coutances, ainsi que deux pains, deux chapons, un pain d'un denier et une poule, duos planes, duos capones, unam panem unius denarii et unam gallinam. Mais aussi l'abbé de Montebourg et son abbaye étaient obligés par leurs titrés, revêtus de leurs sceaux, de garantir au curé la possession de cette pièce de terre. Et predicti abbas et conventus tenentur dictant terram garantixareet defendere contra omnes.

Il parait que, dans le cours du XVIIIe siècle, les deux portions n'étaient pas encore réunies ; car on trouve qu'en 1767 Nicolas Gosselin était curé de Gratot pour la première portion, et que Maillard l’était encore au même titre en 1773.

La chapelle a été construite par la famille d'Argouges, Seigneurs de Gratot au début du xvème siècle. Elle est dédiée à Saint Gerbold

Au 17e siècle, la chapelle est convertit en ermitage par Charles d'Argouges.

Le premier ermite à y habiter sera Frère Gilles de St Joseph (Gilles Ancel). Poète, il y écrit un recueil d'odes dédiées au seigneur de Gratot. Sept autres ermites lui succéderont jusqu'en 1830. Certains ont quitté l'ermitage, d'autres y sont décédés et la légende veut qu'ils soient enterrés dans le jardin.

 A l'abandon depuis la moitié du 19e siècle et tout le 20e, la voute s'effondrera en 1947. En 2000 le conseil général en devient propriétaire..

A peu de distance de l'église, vers le nord, il existe une petite chapelle qui dépendait d'un ermitage, nommé  Ermitage de Saint- Gerbold, d'autres disent de Saint-Gerbou, Gerboldus ou Gervoldus, ou encore Girovaldus. Cette chapelle est postérieure au XIVe siècle; car, lors de la rédaction du Livre blanc, i! n'y avait aucune chapelle à Gratot. In dicta pavochia nulla est Capella.

Dans le cours du XVIIe siècle, le frère ermite de Saint-Gerbold était Gilles de Saint-Joseph. Ilcomposa un ouvrage intitulé : La Trompette de l’union, et le dédia à Louis d'Argouges, alors seigneur de Gratot. Je donne comme un échantillon du style dé cet ermite le quatrain suivant :

« Aujourd'hui, nous voyons, faute de la police,

 Qu’à dix ans les enfants sont plus pernicieux,

 Et, pour faire le mal, ont bien plus d'artifice

Qu'on n'en avoit à trente, au temps de nos aïeux. »

FAITS HISTORIQUES. — Le nom de Gratot parait venir de deux mots qui signifient demeure de Girard, du mot saxon ot, demeure, et do mot germanique thot, famille; ainsi, demeure ou famille de Girard. '

La seigneurie de Gratot a appartenu à des familles puissantes qui remontent au temps de la conquête de l'Angleterre.

Clarembald de Gratot fut un des bienfaiteurs de l'abbaye de Lessay ; car on voit dans une charte d’Henri Ier, de l'année 1126, donnée en faveur de cette maison religieuse, que Clarembald et plusieurs autres lui concédèrent leurs droits sur l'église de Geffosses. Ex dono Clarembaldi de Girartot..... quidquid habebant in ecclesia Sancti Sansonis de Givefossa. (Gal. Christ. Inst, p. 236).

Plus tard, elle devint la propriété de Gilbert de Creully, qui la transmit à Richard de Creully. Ce fut sur cette famille, qui, sans doute, défendit la cause de Jean Sans-Terre;  que Philippe-Auguste la confisqua ; car on lit dans le registre des fiefs : Ricardus de Croili tenet tres partes feodi unius militi de Gilberto, de Croili ante nato suo. Hoc quod dominus tenet apud Nicorb et Torvillam, Montcarvillam et, GRASTOT per escaelam debet servitium dimidii feodi.

Dans le XIIIe siècle, la seigneurie de Gratot entra dans la famille d'Argouges par le mariage de Guillaume d'Argouges, fils de Robert, avec Jeanne de Gratot. Guillaume d'Argouges vivait encore en l'année 1251.

Depuis le XIIIe  siècle jusqu'à la moitié du XVIIIIe, cette seigneurie continua d'appartenir è la maison d'Argouges. Cependant, elle entra pendant une partie du XIVe siècle, et sans doute par un mariage, dans la famille du Saussey, Ainsi, on trouve qu'en 1311 noble homme Raoul du Saussey était chevalier et seigneur temporel de Gratot. En 1348, Radulphe ou Raoul du Saussey, prêtre et seigneur temporel de Gratot, reconnait que les religieux et l'abbé de Saint-Nicolas-de-Blanche-Lande avaient depuis longtemps, ab antiquo, le droit de prendre chaque année, singulis annis, six boisseaux de froment, sex busellos frumenti, sur la part qui lui revient sur le moulin de Gratot, supra portionem quam habeo in moiendim dicto de Grearlot in parochia de Greartot. Mais, dans le même siècle, elle redevint la propriété des d'Argouges, qui la conservèrent pendant plus de 400 ans.

Ce fut un seigneur de Gratot, Jean d'Argouges, qui céda pour un chapel de roses vermeilles, payable à la Saint-Jean, le fief de Lihou ou le roc sur lequel s'éleva Granville.

Chaque famille normande avait son bon génie qui veillait sur elle. Celui des d'Argouges était une fée. On montre encore, sur l'une des fenêtres du château de Gratot, l'empreinte d'un pied qu'on dit être celui de la fée, alors qu'elle disparut et quitta le manoir qu'elle protégeait. Suivant la tradition, une pareille empreinte se voit aussi sur l'un des créneaux de la tour du château de Rasnes, qui appartenait à la famille d'Argouges. A Rasnes, la fée, dit la tradition, revient la-nuit en longue robe blanche, redisant des paroles mystérieuses que personne ne comprend. À Gratot, un lieu, nommé le Désert a aussi sa merveilleuse légende. Dans cet endroit, il existe une fontaine que chaque nuit la fée visite, et qui, à cause de ces visites nocturnes, est appelé la Fontaine à la fée. Le cri de guerre des seigneurs d'Argouges était : A la fée !

On voyait encore, il y a quelques années, à deux endroits, dans le château, les armes de cette ancienne famille. Un des écussons y était supporté par deux sauvages, et l'autre par deux lions léopardés. Le cimier était orné d'une demi-fée jusqu'à la ceinture. Les mêmes armes se voyaient dans plusieurs parties de l'église de Gratot ; mais partout une main impie les a mutilées ou détruites ; comme si ces mutilations déplorables effaçaient des annales du pays les noms glorieux-dont l’histoire conserve le souvenir.

Ce fut un des membres de la famille d'Argouges qui fit bâtir le château actuel. On y trouve tous les accessoires d'une ancienne demeure baronniale: une avant-cour, de larges fossés remplis d'eau, et un pont-levis qui empêchait l'accès de la cour intérieure. On voit encore les rainures qui recevaient les chaînes servant à lever ou à abaisser la herse. Le genre des constructions, les détails d'architecture, les pinacles, les crochets, les galeries, les gargouilles, les rampants garnis de crochets, révèlent la fin du XVe siècle. Quelques parties du château peuvent appartenir cependant aux premières années du XVIe siècle.

Dans le cours du XVIIe siècle, la terre et le château de Gratot formaient un marquisat en faveur de Louis d'Argouges. Vers le milieu du XVIIIe siècle, Jean-Antoine d'Argouges était seigneur et marquis de Gratot.

En l'année 1778, on voit que Luc-Marie du Hommée de Gratot était chevalier, seigneur et patron de Gratot, Montcarville, Nicorps, Brainville et autres lieux.

Guillaume-François Douessey comparut, en 1789, à l'Assemblée générale des trois Etats du bailliage de Coutances, en qualité de chevalier, seigneur et patron de Gratot. Il était conseiller au Parlement de Normandie.

Aujourd'hui, le château de Gratot appartient à M. Quesnel d'Hectot, riche propriétaire à Coutances.

D'après l'état des fiefs du bailliage de Coutances, dressé dans le cours du XVIIe siècle, il y avait à Gratot quatre fiefs nobles. Le fief du domaine du Roi en sa table de Gratot, dépendant de la vicomté de Saint-Sauveur.

Les trois fiefs de Gratot, de l'Isle et de la Mare appartenaient alors à Georges d'Argouges.

Il y avait aussi deux moulins. Le seigneur de Gratot possédait le moulin Quincampoix, et le comte de Tourville celui nommé Julian.

On prétend que la voie romaine qui allait de Cherbourg à Coutances passait par Gratot pour arriver à l'aqueduc près de l'Ecoulanderie. Quoi qu’il en soit, il y a, à peu de distance de l'église et du château de Gratot, un village nommé le Pavement, et qui ligure sur la carte de Cassini. La voie romaine, si elle traversait Gratot, ne passait pas par cet endroit, comme quelques personnes paraissent l'admettre. Mais on sait que quand un château n'était pas placé sur le bord ou à peu de distance d'une ancienne voie romaine, on établissait près de ces châteaux, ou près des bourgs qui les avoisinaient, des chaussées avec des grosses pierres juxtaposées. Cet empierrement, qui a conservé le nom de pavement, était capable de résister à un long usage. Aussi, quelques-unes de ces routes ou rues féodales qui conduisaient soit à un château, soit à une abbaye, offrent-elles encore une grande solidité. Le château actuel de Gratot en a sans doute remplacé un autre qui peut-être remontait au XIe ou XIIe siècle. La nouvelle route de Coutances à Saint-Malo-de-la-Lande traverse le village du Pavement, et elle a été établie sur l'emplacement de l'ancienne voie.



Etude historique sur le marquisat de Marigny (Manche), par Ch. Fierville,...

Edité en 1874

FIEF DE GRATOT

La paroisse de Gratot, séparée des précédentes par celle de Cambernon, contenait quatre fiefs nobles au XVII siècle: 1° le fief du domaine du roi en sa table de Gratot, vicomté de St-Sauveur-Lendelin; 2°le fief de Gratot, proprement dit ; 3°le fief del' Isle; 4° le fief de la Mare.  Ces trois derniers appartenaient alors à Georges d'Argouges écuyer, seigneur de ladite paroisse. Le fief de Gratot était entré dans cette famille, dit M. de Gerville, par le mariage de Guillaume d'Argouges avec Jeanne de Gratot, vers 1251 Avant le XIIIe siècle, on trouve un Clarembald de Gratot, bienfaiteur de l'abbaye de Lessay en 1126; puis Gilbert de Creully et Richard de Creully, sur lequel ce fief fut confisqué par Philippe-Auguste, probablement parce qu'il avait pris le parti de Jean-Sans-Terre. Depuis, sauf pendant une partie du XIVe siècle, (1311-1348) où il entra sans doute par un mariage dans la famille du Saussey, ce fief n'a pas cessé, jusqu'en 1778, d'appartenir à la famille d'Argouges. En 1789, ce fut Guillaume- François Douessey qui comparut à l'assemblée des trois ordres du bailliage de Cotenun, comme seigneur de Gratot.

On trouve dans les archives de Marigny trois aveux, rendus au XVIe siècle aux barons de Marigny, l'un le 8 juillet 1500 par Pierre d'Argouges; un autre le 14 janvier 1533 par Gilles d’ Argouges, et le dernier le 5 mars 1572  par Jacques d'Argouges. L'aveu de 1533 nous apprend que le fief de Gratot (érigé depuis en marquisat dans le courant du XVIIe siècle en faveur de Louis d'Argouges) était un plein fief de chevalier, s'étendant à Nicorps, Montcarville, Tourville, Geffosses et Anneville. Il avait droit de patronage et de présentation aux deux cures, manoir, douves, étangs, colombier, moulins à blé et à draps; et « étaient tenus les vavasseurs, c'est-à-savoir ceux qui se mariaient, de jouter sur des bêtes chevalines, et férir au post, chacun d'une lance à plein poing, tant qu'ils eussent chacun une lance rompue, ou qu'ils fassent tombés par terre, et chacun qui tombait devait au seigneur de Gratot pour ce 18 sous tournois d'amende, et ceux qui ne voulaient jouter » lui payaient chacun 18 rez d'avoine et étaient ces choses» appelées Quintaine. »

Dans le Journal et papier-cueilloir de 1785 on lit: «Fief de Gratot, plein fief de haubert ; Louis d'Argouges à présent messire Jean-Antoine d'Argouges, chevalier, marquis de Gratot, doit à cause dudit fief, situé en la paroisse de Gratot et autres, à la mi-carême, 6 livres, 5 sous; doit droit de garde, reliefs, treizièmes, aides, etc. — Reçu de M. le Receveur de Gratot (28 avril 1788) par les mains du sieur Le Rebourg, fermier de Loiselière, 6 livres, 5 sous, 4 deniers, à valoir au présent sous toutes réserves de droit. »

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