Abandon de privilèges

Bulletin (Société historique et archéologique de l'Orne)

Auteur : Société historique et archéologique de l'Orne - Edité en 1910

« ce fut vers les sept heures du soir, que le château de Vaugeois fut débarrassé de tous ses envahisseurs. »
Le château de Rânes avait bien lui aussi été quelque peu mis à sac; quelques-uns des titres de son chartrier avaient été brûlés, mais non tous, la majeure partie avait été sauvée.
« Là s'arrêtèrent, vis-à-vis de leurs anciens seigneurs, les « méfaits de leurs vassaux, écrit M. de Contades. » Et M. et Mme de Montreuil auraient peut-être pu rester, sans danger, au milieu d'eux, pendant une grande partie de la période révolutionnaire: ils préférèrent quitter le pays-. Que devinrent-ils? Les uns prétendent qu'ils émigrèrent hors de France, d'autres pensent qu'ils se cachèrent à Paris.
M. de Contades a donné à ce sujet, dans son Histoire d'un château Normand, des renseignements auxquels nous renvoyons nos lecteurs. Il a vu dans le chartrier de Rânes, une pièce attestant que le 17 brumaire an IX (8 novembre 1800) M. de Montreuil fut rayé définitivement de la liste des émigrés, et un certificat d'amnistie, pour cause d'émigration, délivré à Mme Marie-Louise-Victoire d'Argouges, le 18 frimaire an XI, (9 décembre 1802), par le Ministre de la Justice d'alors, sur la recommandation de M. de la Magdelaine, préfet de l'Orne.
En sauvant leurs têtes, ils avaient sauvé aussi leurs biens patrimoniaux qu'ils purent recouvrer sans discussion. Ils ne perdirent guère que leurs privilèges féodaux, en somme.

Revue historique et archéologique du Maine - 1912 (71)

Auteur : Société historique et archéologique du Maine - Edité en 1912

Charles-Claude-Olivier de Montreuil avait épousé en 1774 Marie-Louise-Victoire d'Argouges, dame de la Coulonche, laquelle ne devait pas tardera hériter du beau château et de la terre de Rânes. Ce second comte de la Chaux devait être le dernier seigneur de Vaugeois, car la Révolution était proche. Comme le raconte M. Lemaître après Gérard de Contades, M. et Mme de Montreuil, qui en juillet 1789, à la suite du pillage de leur château de la Coulonche, s'étaient réfugiés à Vaugeois, y furent poursuivis par les émeutiers, lesquels en firent également le pillage et détruisirent les riches archives qui y étaient renfermées. Il ne leur restait plus qu'à émigrer, ce qu'ils firent, mais après la tourmente révolutionnaire ils furent assez heureux pour rentrer en possession de leurs terres de Normandie et du Maine, entre autres de la terre de Vaugeois.

Mis DE BEAUCHESNE.

L'Intermédiaire des chercheurs et curieux : questions et réponses, communications diverses

 à l'usage de tous, littérateurs et gens du monde, artistes, bibliophiles, archéologues, généalogistes, etc.

Edité en 1905

Abandon des privilèges antérieur à la nuit du 4 août (LI, 551 ).

« Du 27 juillet 1789, devant M. de Beauvau, notaire à Neuilly-le-Vendin (Mayenne), fut présent : hault et puissant seigneur messire Claude-Olivier de Montreuil, chevalier seigneur de St-Ouën-le-Brizault, La Pallie, Lignières, Cival et autres lieux et de Marie Louise d'Argouges de Rasnes, son épouse, demeurant au château de Veaugeois dud. St-Ouen, province de Normandie.
« Lesquels ont reconnu et reconnaissent renoncer par ces présentes, purement et simplement à tous leurs droits seigneuriaux et féodaux dus par les sujets et tenants dans les paroisses Neuilli, St-Ouen, La Pallie, que les dits seigneurs consentent qu'ils soient amortis pour toujours, toutes les d. rentes et sujétions quelconque, telles que leurs droits de banalité treizième, Regard de mariage, corvée de mai ; ils abandonnent en outre aux dits sujets des d. seigneuries tous droits de chasse et de pêche pour l'avenir à partir de ce jour. »

                      L.P. DE COUPTRAIN.