Château de Rasnes



Le château de Rânes prit la relève de la vieille citadelle d'Asnebecq qui appartint au XIe siècle au comte Warvick, baron de Neufbourg.
Acheté le 3 août 1404 par Guillaume de Méheudin, le manoir de Rânes fut alors transformé par celui-ci en une importante construction dont la magnifique tour carrée à mâchicoulis et créneaux est la pièce maîtresse.
Le château comprend un donjon central, avec de chaque côté le corps du bâtiment flanqué à chaque extrémité de deux tours carrées. Il est remarquable par son architecture et une symétrie irrégulière, avec ses créneaux et ses mâchicoulis, ses fenêtres à meneaux, sa grille de fenêtre en fer forgé et ses gargouilles. Pour atteindre la chambre de la fée, il faut monter un escalier en colimaçon situé dans l'épaisseur même des murs. Voûtée de briques, cette chambre est ornée de quatre arcs ogivaux en pierre blanche aux assises de granit. Cette petite pièce comporte une cheminée aux formes inusitées ainsi qu'un pavage de carreaux armoriés en terre cuite. En haut de la tour, on peut apercevoir l'empreinte du petit pied de la fée sur un créneau de granit (32, 33 cm).
De chaque côté du donjon central, se trouve le corps du bâtiment. Le 15 juillet 1719, un incendie ravagea le château. Il fut restauré par Louis d'Argouges qui sut harmoniser le style grand siècle avec l'architecture du donjon. La salle des mariages date de la fin du règne de Louis XIV. La mairie est dans un salon aux boiseries louis XV et la salle de réunion a été aménagée dans l'esprit de la période romantique, le dernier salon a été transformé en salle de billard et de jeux vers 1880.
Aux extrémités du corps de bâtiment deux tours carrées ont été construites par Jacques d'Argouges à la fin du XVIe siècle. Louis d'Argouges, grand amateur de chevaux, fit construire le corps de bâtiment où se trouve actuellement la salle des fêtes. Renée du Pont-Bellenger se marie à un d'Argouges en 1566 et transmet par la même la baronnie et le château.
Les Broglie, après la révolution vont transformer le château en une agréable demeure au milieu d'un parc.
Endommagé à la libération, le château fut restauré et sert maintenant d'Hôtel de Ville.

Château après le passage des bombardiers


La légende de la fée d'Argouges:

Un seigneur de Rânes était l'époux d'une belle et aimable fée. Ils étaient très heureux. Le châtelain ne rêvait que de sa fée et la fée, de son côté, s'enthousiasmait des exploits guerriers de son chevalier. Ce bonheur aurait pu durer éternellement mais une condition devait être respectée : personne ne devait prononcer le nom de "la mort" devant la dame sous peine de la voir disparaître à jamais. C'est malheureusement notre châtelain qui commit l'irréparable : un jour, que la fée s'attardait à se faire belle, le chevalier qui pestait d'attendre se mit à jurer par la mort :

" Madame l'on s'impatiente
S'il fallait prolonger mon sort
Je pourrais sûr de longue attente
Vous envoyer chercher la mort"

La fée disparût alors ne laissant seulement que son empreinte, le plus petit et joli pied que l'on eût jamais vu, sur un créneau de pierre. Jusqu'à la fin de ses jours, le Seigneur de Rânes pleura la disparue. L'on raconte d'ailleurs que hantée par le regret de son existence passée, la Fée revient errer le donjon de Rasnes et qu'on l'entend murmurer le mot fatidique qui provoqua sa chute.
Pour atteindre la chambre de la Fée, il faut monter un escalier en colimaçon située dans l'épaisseur même des murs.