Gillet de la Renommière

Souvenirs du Baron Hue
Gillet de la renommière et le peintre Lantara

Armes : D’azur à la palme d’or, accompagné de deux étoiles de même en chef et d’un croissant d’argent en pointe.
Devise
: Salmam victoria parat.
Support
: Lions.
Preuves
:

Famille noble1, originaire de Bourgogne, mais plus anciennement de Savoie, qui sous la protection des Seigneurs de Montmorency, vint s’établir à Montmorency vers l’an 1500 et puis à Paris. Plusieurs de ses membres ont exercé de père en fils la charge de notaire principal du Duché de Montmorency, ainsi que celle d’administrateur des Seigneurs de Montmorency et d’Ecouen, et furent officiers de la Reine Mère (Anne d’Autriche), du Duc d’Orléans (Gaston) et du Duc d’Epernon.
Un des membres de cette famille fut Sénéchal ou Châtelain Royal de la ville de Bourg-en-Bresse ; des branches sont restées en Bourgogne et dans le Lyonnais.
Une filiation suivie et sûre ne peut être démarrée qu’à partir de Pierre Gillet, né en 1628.

1 - La charge d’échevin de la ville de Paris conférait la noblesse héréditaire au premier degré dès le jour de l’entrée en fonctions. Toutefois, ce privilège fut révoqué par un édit d’août 1715. Il semble dès lors difficile d’attribuer la qualité de nobles aux Gillet de la Renommière, et il est donc plus juste de les rattacher à la bourgeoisie (H. de T.).

I. Pierre Gillet, doyen des Gardes Minutes de la Chancellerie du Parlement de Paris, ancien Procureur au Parlement, né en avril 1628, mort le 2 avril 1720, épousa en 1659 Elisabeth Gorillon, fille de Bernard Gorillon et de Catherine Succat. Pierre serait le fils de Claude Gillet et de N… d’Outreleau. D’où :
- Jean-Baptiste, qui suit,
- N. qui épousa Jacques de Franqueville, conseiller au Parlement de Douai,
- Anne-Charlotte,
- Anne-Elisabeth.

II. Jean-Baptiste Gillet, avocat au Parlement de Paris, conseiller au Parlement ou au Conseil de Dombes, né le 10 septembre 1660, marié le 5 juillet 1694 à Catherine Gorillon, fille de Jean-Louis Gorillon, frère de Elisabeth sa belle-mère, et de Geneviève de Montqueron. Mort le 16 septembre ou le 10 décembre 1730, seigneur de la Renommière, Oncy et autres lieux (S. et M.). Catherine est décédée en 1730, à Oncy.
De leur mariage sont issus 21 ou 22 enfants, dont 14 filles et 7 fils, dont :
- Pierre, qui suit,
- Jean-Baptiste, prêtre, Bachelier en théologie de la Maison et Société de Sorbonne, seigneur de Beaufort, décédé le 28 juillet 1772 au château de la Renommière. Jean-Baptiste fut le parrain de son neveu Pierre.

III. Pierre Gillet, échevin de Paris en 1754, avocat au Parlement de Paris, administrateur des hospices de Paris, président du Conseil Souverain du Duché du Roussillon, né le 29 avril 1695, marié le 12 juin 1733, mort le 18 avril ou 18 août 1773.
Lui, son père et son grand-père sont les premiers qui aient rassemblé les Edits et Ordonnances des Rois de France ; ces volumes en 4° et in-folio au nombre de plusieurs centaines sont à la Bibliothèque du Conseil d’Etat de Paris.
De son mariage avec Marie-Jeanne de Relo, fille de Nicolas de Relo, contrôleur de guerres, héraut d’armes des Etats de Bretagne, et de Jeanne du Flos, sont issus deux fils :
- François-Pierre Gillet de la Renommière, qui suit
- François-Pierre-Nicolas Gillet de Laumont1
, Lieutenant au régiment provincial de Strasbourg, ingénieur des mines et grand amateur des arts.
- Marie-Jeanne est également décédée en 1773.

IV. François-Pierre Gillet de la Renommière, chevalier de Saint Louis, ancien Lieutenant-Colonel de cavalerie, Premier Lieutenant des Chasses de la Réserve de Fontainebleau, né le 14 avril 1734, a épousé le 7 février 1768 Elisabeth Marinier de Banassat, fille de Claude Marinier de Banassat, greffier en chef au bureau des Finances de Moulins (Bourbonnais), et de Pétronille Heulard. François-Pierre est mort en 1813.
De ce mariage sont issus neuf enfants, dont :
- Alexandre-Louis-Marie Gillet de la Renommière, qui suit,
- Pétronille, mariée à Antoine Gillet du Ménil, ancien directeur des Droits réunis,
- Henriette, qui épousa en mai 1806 Christophe-Louis-Noël2
de Mazenod, propriétaire demeurant au Plessis, canton de Donnemarie (S. et M.)). Christophe-Louis-Noël, né en 1780, mort en 1866, est le fils de Louis-François-Elzéard de Mazenod et de Thérèse de Cugnières.

V. Alexandre-Auguste-Louis-Marie Gillet de la Renommière, ancien officier d’artillerie, puis capitaine Commandant au 3ème Régiment de la Garde du Roi, né le 29 juillet 1771 à Paris, mort subitement en diligence dans un voyage qu’il faisait à Dontilly (S. et M.), le 11 décembre 1848, marié en premières noces à Flore Daudin, décédée à Noisy le 16 pluviôse an XII (6 février 1804) à l’âge de 23 ans, et en secondes noces, le 10 mai 1806 à Dontilly, à Célestine-Thérèse-Marie-Angélique (alias Thérésine) de Mazenod3, née le 13 mars 1782 à Dannemarie (S. et M.), morte en 13 septembre 1863 à Dontilly. Thérésine est la soeur de Christophe-Louis-Noël de Mazenod.
Du premier lit sont nés trois enfants :
- Gustave-François mort le 7 mai 1815 au château de la Renommière, âgé de 13 ou 16 ans

- Geneviève-Céline, née à Noisy sur Ecole (S. et M.) le 6 fructidor an X (24 août 1802), qui épousa le 12 novembre 1821 à la Renommière, Conrad de Gouvrey, né à Nancy le 24 février 1790, fils de Charles-Henry-Innocent de Gouvrey et de Charlotte-Victoire du Houx de Dombasles, Capitaine Lieutenant au 3ème Régiment d’Infanterie de la Garde Royale.

- Henriette-Hedwige, née à Noisy le 30 nivôse an XII (21 janvier 1804), mariée le 12 novembre 1821 à la Renommière, à Edmond-Louis-Charles-Marie le Doulcet de Méré, né à Paris le 28 mai 1792, Capitaine au 3ème Régiment d’Infanterie de la Garde Royale.

Du second lit sont nés :
- Auguste-Alexandre-Elzéard, qui suit,

- Clémentine, née le 10 avril 1813 et décédée le 21 juin 1869.

VI. Auguste-Alexandre-Elzéard Gillet de la Renommière4 est né le 10 janvier 1809 à St. Sauveur les Bray (S. et M.). Il épousa le 18 avril 1837, à Nancy, Berthe-Elisabeth d’Hausen, née le 28 janvier 1814 à Nancy, fille de Pierre-Théodore, maître de forges, et de Elisabeth Bouteiller. Auguste-Alexandre-Elzéard est décédé le 26 mai 1898, il est inhumé dans le cimetière5de Oncy. Elisabeth, sa femme, est décédée à Oncy le 1er juillet 1886.

Du mariage de Alexandre-Elzéard et de Berthe-Elisabeth sont issus trois enfants :

- Pierre-Edmond, mort à la Renommière, le 28 avril 1838, à l’âge de 6 mois. Il était né à Nancy,
-
Marie-Elisabeth-Berthe, notre aïeule, née le 18 mai 1840, mariée6 à Paris, le 3 février 1864 à Pierre-Ferdinand-Augustin-Arthtur Frémy d’Argillières
, alors capitaine adjudant major au 26ième Régiment d’Infanterie de Ligne. Berthe est décédée à Argillières le 7 décembre 1896.
- Théodore-Arthur, alias « l’Oncle Arthur », qui suit.
Il achète le château de la Renommière7 à Madame Veuve Flamand, née Léontine Bourdin. Il fut maire de Oncy de 1852 à 1892.

VII. Théodore-Arthur Gillet de la Renommière, né le 31 août 1841, épousa8 le 14 mai 1873, Marie-Louise de la Cour de Saint Baussant, décédée à la Renommière, le 31 mai 1924. Arthur est décédé à la Renommière, le 25 mars 1931 ; avec lui s’éteignit la famille Gillet de la Renommière.
Du mariage d’Arthur est né Henri-Alexandre, qui suit.

VIII. Henri Alexandre Gillet de la Renommière, né le 21 décembre 1876, est mort sans postérité à Nancy, le 28 novembre 1904. Il était avocat à la Cour d’Appel de cette même ville.

Hubert de Tessières (A9).

1 - Les Gillet de Laumont blasonnaient : « Ecartelé, aux 1 et 4, d’azur à une palme d’or accompagné en chef de deux étoiles de même et en pointe d’un croissant du même, qui est de Gillet, aux 2 et 3, d’azur au chevron d’or accompagné en chef de deux molettes du même et en pointe d’une moucheture d’hermine d’argent, qui est de Relo.».

2 - Louis et Henriette eurent une fille Louise (1808-1858) qui épousa en 1828 André Huë (1786-1854). De cette union naquit une fille Cécile (1837-1920) mariée en 1857 à René du Mesnil de Maricourt (1829-1893), père de Edouard de Maricourt (D6), beau-père de Ernestine Frémy d’Argillières. Louis de Mazenod est né à Dannemarie le 21 octobre 1789 et est décédé à Dontilly le 27 juillet 1866.

3 - La famille de Mazenod compte parmi ses membres un saint canonisé par Jean-Paul II, ancien évêque de Marseille.

4 - Alexandre-Auguste habite l’ancien Prieuré de Oncy, au sujet duquel il est dit : « … Le château _s’il est permis de lui donner ce nom_ appelé château du Prieuré, était autrefois un couvent occupé par les Prieurs. Il fut habité longtemps par la famille Gillet de la Renommière. Cette propriété entourée de murs renferme environ 7 hectares de terrain qui étaient couverts d’arbres. Elle vient d’être vendue dernièrement et le nouveau propriétaire, après avoir abattu les arbres et défoncé le terrain, l’a livrée à la grande culture. La maison d’habitation ne renferme rien de remarquable et ressemble plutôt à une ferme qu’à un château. Aucun souvenir historique ne s’y rattache. … », (Monographie communale de Oncy, par E. Papineau, instituteur, 22 septembre 1899).

De cette même monographie, on peut lire « … L’enfance de Lantara (Simon-Mathurin, né à Oncy le 24 mars 1729, Ndlr) s’était passée à recevoir les leçons du Magister du village d’Oncy, puis à garder les bestiaux du Châtelain de la Renommière. Le paysage était délicieux : la beauté des sites fit naître la vocation du jeune artiste. Le fils de son seigneur ayant deviné le peintre dans le berger,lui donna la main et l’emmena à Paris. Lantara troqua la houlette pour le pinceau et réalisa bientôt les espérances de son protecteur. … ». Lantara aurait donné en reconnaissance à la famille deux tableaux _un lever et un coucher de soleil_ . On croit qu’ils sont en Angleterre.

5 - Raoul de Fleury nous avait dans un précédent Cri (n°3) fait un état de la tombe de la Renommière. Les trois personnes inhumées sont Auguste-Alexandre-Elzéard, Berthe-Elisabeth son épouse et Théodore-Arthur son fils. D’autres Gillet sont décédés à la Renommière et à Oncy. Sont-ils enterrés sur place ? Existe-t-il une autre tombe plus ancienne ? La question est à son tour posée. A suivre ….

6 - Contrat passé en l’étude de Maître Leclerc Ernest-Fortuné, notaire domicilié à Milly, le 2 février 1864.

7 - Après la mort de « l’Oncle Arthur », le château fut vendu, et les terres partagées entre les cinq demoiselles.

8 - Contrat du 13 mai 1873 reçu par Maître Ravigneaux à Saint Mihiel (Meuse).

Mon grand père Edouard de Maricourt et ma grand mère Ernestine Frémy d'argillières étaient cousins. Ils avaient comme ancêtre commun  François Pierre Gillet de la Renommière dont il est fait mention ci-dessus.

Au château de la Renommière il y avait une porte qui était nommé: Porte d'Argouges. La Renommière et Fleury sont à quelques kilomètres.


Souvenirs du Baron Hüe / publiés par le baron de Maricourt
Auteur : François Hüe    Edité en 1790
 Notes de bas de page


Malesherbes était voisin de campagne de M. Gillet de la Renommière, ami de François Hue et très lié avec lui ainsi qu'avec sa femme, née Élisabeth Marinier de Banassat. Or il vint un jour visiter madame de la Renommière, qui attendait son quatorzième enfant. Et comme il lui exprimait sa sympathie plus que ses compliments au sujet de cette prochaine naissance, son interlocutrice s'écria : - Oh ! C'est pour moi, monsieur de Malesherbes, la chose la plus insignifiante du monde. Je suis fort habituée à ce genre d'incidents, mais ce qui me consterne en la circonstance, c'est le choix d'un parrain. Je crains vraiment de lasser la patience de ma famille et je me verrai, pour cette fois, obligée de choisir le premier pauvre du village... — Je vous demande la charité, lui répondit, en s'inclinant, M. de Malesherbes. Et c'est ainsi qu'il fut, en 1785, parrain de mademoiselle Henriette Gillet de la Renommière, qui épousa plus tard M. de Mazenod et fut mère de la baronne André Hüe.

Jean-Baptiste Hüe, né en 1760 à Fontainebleau, chanoine de Saint-Denis, secrétaire général de l'ordre des Trinitaires pour la rédemption des captifs, administrateur des hospices de Fontainebleau, chapelain du roi Louis XVIII après 1815, mourut en 1835, après avoir essuyé la seconde révolution de 1830 qui le priva encore une fois de ses fonctions. Il avait été, sous la Terreur, incarcéré à Fontainebleau, dans la même prison que M. Gillet de la Renommière, capitaine des chasses royales à Fontainebleau, que ses filles et que la comtesse du Tillet, née Sigy. De cet écrou devait résulter un double hymen. Madame du Tillet fit, en 1805, le mariage d'un de ses jeunes amis, M. de Mazenod, avec la fille de M. de la Renommière. Et en 1828, l'abbé Hüe bénit l'union de leur fille. Louise de Mazenod avec son neveu André Hüe.

L'abbé Hüe contait souvent, qu'entrées en prison au moment de leur croissance, mesdemoiselles de la Renommière avaient vainement demandé au comité révolutionnaire de leur octroyer des vêtements. La réponse ayant été négative, elles sortirent de prison, après le 9 thermidor, vêtues de robes qui leur tombaient aux genoux.


18 fructidor : documents pour la plupart inédits
/ recueillis et publ. pour la Société d'histoire contemporaine par Victor Pierre

Edité en 1893

Gilet de la Renomière fut détenu au Temple ; il résulterait de certains documents qu'il n'avait pas émigré, mais qu'il avait seulement quitté pour une ville voisine celle qu'il avait précédemment habitée : de là son inscription sur la liste des émigrés. Hüe (Mémoires, p. 190, en note) dit de lui : « Je dois à la mémoire de M. Gilet de la Renomière, chevalier de SaintLouis et premier lieutenant des chasses de la capitainerie de Fontainebleau, un hommage que je m'empresse de lui rendre. Il montra constamment, dans le cours de la Révolution, le plus grand zèle pour le service du Roi. »

LETTRE DE M. de La Renommière

Dontilly (canton de Danncmarie), arrondissement de Provins (Seine-et-Marne), 11 décembre 1844.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au sujet du peintre Lantara, fameux paysagiste du siècle dernier; je me fais un plaisir et un devoir de vous rapporter ce que j'ai toujours entendu dire à mes parents. Ma sœur, madame Demasnod, à laquelle j'ai lu votre lettre, est absolument d'accord sur les renseignements suivants, puisés, comme j'ai l'honneur de vous le dire, dans la tradition venue à nous de nos parents. Lantara est né à Oncy ; il a été au service de mon grand-père, Gillet de la Renommière, comme vacher ; dans son enfance, ou plutôt au sortir de cette enfance, les traits, les figures qu'il traçait, soit sur les murs, soit sur les rochers qui abondent, vous le savez, dans le pays, donnèrent l'idée d'un talent qui ne demandait qu'à être développé. Mon aïeul s'employa à lui être utile. Mon oncle, Gillet de Laumont, frère de mon père, quoique bien plus jeune que lui, le servit sans doute. Il était grand admirateur des arts et des talents. Enfin j'ai dans mes papiers le reçu de deux tableaux, envoyés par mon père en Angleterre. Ces tableaux, faits par Lantara et donnés par lui à mon grand-père, étaient désignés dans la famille, comme les tableaux de la reconnaissance. C'était, je crois, un lever et un coucher de soleil. Que sont-ils devenus? Je n'en sais rien. Ils sont en Angleterre. Ils offrent toujours la preuve que mon aïeul a excité la reconnaissance de Lantara, par les soins qu'il a pris
d'aider à développer ses talents. Voilà, Monsieur, ce que je sais sur ce paysagiste célèbre, qui, s'il n'avait pas eu des habitudes si triviales, serait devenu plus célèbre encore.

J'ai l'honneur d'être, etc.

GlLLET DE LA RENOMMIÈRE


Château de la Renommière

Simon Mathurin Lantara (1729-1778) : « Paysage à la chaumière animée »
Huile sur toile signé en bas au milieu.