Jérome d'Argouges
Lieutenant civil de Paris
Doyen d'honneur de la faculté des droits
Jérome et le testament du duc de Saint Simon

  ETAT CIVIL   PARENTS
  • Né le 27 octobre 1682
  • Décédé le 8 février 1767 - Paris , à l'âge de 84 ans
  • Inhumé - Chapelle de l'église de Fleury
  • Lieutenant civil de Paris en 1710 jusqu'en 1762
  • Jean-Pierre d'Argouges , Marquis de la Chapelle la Reine, né en 1645, décédé le 16 août 1731 à l'âge de 86 ans, Conseiller au parlement puis Maitre des requêtes et Conseiller d'Etat
    Marié le 31 janvier 1677 avec
  • Françoise Le Pelletier, née en 1661, décédée le 14 janvier 1745 - inhumée chapelle de l'église de Fleury à l'âge de 84 ans
   MARIAGE
Marié en 1710 avec Marie Françoise Adelaïde de Creil , née le 4 octobre 1687, décédée le 15 avril 1772 à l'âge de 84 ans , inhumée - Chapelle de l'église de Fleury (parents :  Jean de Creil , Marquis de Bournezon 1660-1735 &  Suzanne d'Argouges )

Curiosités judiciaires historiques, anecdotiques, recueillies et mises en ordre par B. Warée
Auteur : Barnabé Warée Edité en 1859

 « Du 14 août 1737.

« Si le Révérend Père D. Bernard de Montfaucon voulait recevoir sans façon et à portion de Suresnes M. le lieutenant civil et ses deux fils, ils s'y rendraient dès vendredi entre onze heures et midi. Si ce jour ne lui convient pas à cause que c'est celui de son arrivée à Suresnes, ce ne pourrait être que pour le dimanche d'après, à condition expresse, s'il lui plaît, qu'il ne sera servi que de maigre.

« N'oubliez pas, s'il vous plaît, de faire savoir votre résolution à madame la marquise de Vissée et à son aimable fils. »

Ce billet, qui témoigne d'une grande intimité, écrit à Montfaucon par M. d'Argouges, lieutenant civil de Paris, et conservé par hasard au milieu de lettres plus graves, nous fait prendre pour ainsi dire sur le vif les relations qui unissaient les Bernardins à la haute société du dix-huitième siècle, au monde proprement dit.


Curiosités judiciaires historiques, anecdotiques, recueillies et mises en ordre par B. Warée
Auteur : Barnabé Warée Edité en 1859


MM. d'Argouges et Négre, le premier lieutenant civil au Châtelet, avait fait un règlement sur les révérences et les saluts, suivant l'état et la condition des personnes; le second lieutenant criminel s'était rendu complice de faux témoignage, et avait été obligé de se défaire de sa charge. Le chansonnier Gallet, ami de Piron, chansonna les deux magistrats dans les vers suivants :

Au Châtelet sont bien tenants
Deux lieutenants ;
Et ces magistrats renommés
Sont bien nommés :
Monsieur le lieutenant civil
Est très-civil,
Et le lieutenant criminel
Bien criminel.

Ce couplet peint aussi en un seul mot, M. d'Argouges, actuellement Lieutenant Civil, Juge intègre et savant à la vérité, mais qui a toujours eu le tic et le ridicule de nuancer tellement ses politesses, qu'il a, pour ainsi dire, un tarif de révérences et de saluts pour chaque personne, suivant son état et sa condition.
C'est dommage que le premier vers de ce couplet soit mal fait, et même qu'il ne puisse pas être mieux., à ce que crois , sans quoi. Ce seroit un chef-d'œuvre de naïveté, la peinture en est si vraie , pour qui connoît et M. d'Argouges et le Négre !

 

Almanach royal

 Edité par Laurent d'Houry, puis par la Veuve d'Houry - 1719

Ils élisent aussi tous Ies deux ans, le même jour un Doyen d'honneur, qui est une personne constituée en Dignité & qui se prend parmi les douze Docteurs aggregez d'honneur, qui nont Monneigneur le Cardinal de Noailles, Archevêque de Paris, Messieurs de Marillac, l'Abbé Bignon, Bignon de Blanzy, Bechameil de Nointel, Conseillers d'Etat, d'Ormesson d'Amboile, maitre des Requêtes, M. l'Abbé Menguy, Confeiller de Grande-Chambre , M. de Fourcy Abbé de S. Vaudrille, M. Daguesseau de Valjoin, Mes. le Merre & Rassicot, anciens Avocats au Parlement; M. Dargouges de Fleury, Lieutenant Civil, est presentement  Doyen d'Honneur de la Faculté des Droits

Le duc de Saint-Simon : son cabinet et l'historique de ses manuscrits

 d'après des documents authentiques et entièrement inédits"

Avec Mr. Grimperel, Commissairc-Enquêteur - Examinateur au Châtelet, nous voici dans l'hôtel de la rue de Grenelle, au coin de la rue de Bellechasse, où le corps du « petit Duc » qui vient de rendre l'âme est tout chaud encore, et M. le Commissaire nous rend témoins de la mise sous scellé de tout le bien meuble du défunt ; avec Mr. Delaleu, notaire dépositaire de la dernière volonté du défunt seigneur, nous voilà chez M. le Lieutenant Civil en son hôtel de la rue Bourtibourg, chez Messire Jérôme d'Argouges, commis à l'ouverture du testament de notre héros. Avec lui encore et Mr. Baron son confrère, nous écoutons l'intitulé de l'Inventaire qui va être fait, « fidel et exact, de tous les meubles meublants, vaisselles d'argent, hardes, effets et renseignements, livres, manuscrits et papiers dudit feu seigneur Duc », qui sont, d'une part, en cet hôtel de la rue de Grenelle à Paris, et de l'autre, en son château, terre et seigneurie de la Ferté-Vidame au pays du Perche, sa favorite demeure, et où il est à penser qu'après sa retraite de la Cour, il a tracé, de la main magistrale que l'on sait les souvenirs du temps du Roi dit le Grand, et ceux du temps de Monsieur le Régent.

OUVERTURE DU TESTAMENT. 7

voyons-nous Mr Delaleu, accomplissant les formalités d'usage se rendre chez M. le Lieutenant civil et lui présenter le testament du défunt pour qu'il en fasse ouverture. C'est ce qu'il résulte de l'acte original ainsi libellé que nous trouvons juxtaposé audit testament olographe :
« L'an mil sept cent cinquante-cinq, le deux mars, à une heure de relevée, en l'hôtel, par-devant nous, Jérôme Dargouges, chevalier, seigneur de Fleury et autres lieux, Conseiller du Roy en ses Conseils , Maître des Requêtes honoraire de son hôtel, Lieutenant civil de la Ville, Prévôté et Vicomte de Paris , est comparu Mr Guillaume Claude Delaleu, Conseiller du Roy, Notaire au Chàtelet, qui nous a dit que le Curé de Saint-Paul vient de luy remettre un pacquet cachette dont la suscriptlon annonce qu'il contient le testament de M. le Duc de S. Simon, décédé ce matin sur les six heures, lequel pacquet il nous apporte pour estre ouvert. Avons trouvé ledit pacquet composé d'une enveloppe cachettée d'un costé d'un seul cachet en cire d'Espagne noire, qui nous a paru sain et entier; et de l'autre costé sont écrits ces mots : Sous cette enveloppe est mon testament, olographe avec la signature : Louis Duc de S. Simon. Et ayant ouvert laditte enveloppe sans endommager ledit cachet, nous y avons trouvé une feuille de grand papier dont les trois premières pages sont entièrement écrittes, et dix lignes sur la quatrième et dernière, et le tout contient le testament olographe dudit deffunt, des vingt-six juin mil sept cent cinquante-quatre, commençant au haut de la première page par les mots : Au nom du Père , et finissant à la dixième ligne de la quatrième page, par : Ce jour que dessus, et au-dessous est la signature : Louis Duc de S. Simon. Avons observé qu'au bas de chacune des trois premières pages, il y a en forme de paraphe deux F. Dans la première page, le dernier mot de la troisième ligne est effacé, et le septième mot de la quarante-unième est rayé. Dans la seconde page, le dernier mot de la vingt-deuxième ligne est rayé; dans la troisième page, le quatorzième mot de la trente-unième ligne est surchargé. Avons paraphé ladite enveloppe et les quatre pages écrittes, et remis le tout audit Mr Delaleu, qui s'en est chargé pour le mettre au rang de ses minutes et en délivrer des expéditions à qui il appartiendra; et a signé à la minute. »

Dargouges