Louis François d'Argouges

   ETAT CIVIL   PARENTS
  • Né le 2 novembre 1712
  • Décédé le 29 octobre 1767 , à l'âge de 54 ans
  • Gouverneur d'Alençon
Louis d'Argouges, Chevalier, Marquis de Rasnes, Baron d'Asnebec, Seigneur de Faverolles, de Montreuil et de la Coullardière, décédé, Brigadier des armées du roi
Marié en 1703 avec
Catherine d'Orneton, née en 1671, décédée le 13 octobre 1767 à l'âge de 96 ans
   MARIAGE

Marié en 1750 avec Marie Elisabeth d'Autemare d'Ervillé , décédée

Revue historique et archéologique du Maine - 1887 (T22).
Auteur : Société historique et archéologique du Maine Edité en 1887

Le château et le fief de la Coulonche, qui avaient appartenu au XV siècle a la famille de la Moriciere, avaient été achetés, vers 1743, pour une somme de 80,000 livres, par Louis d'Argouges, marquis de Rasnes. La dernière descendante de la maison d'Argouges de Rasnes, Marie-Louise-Victoire, ayant épousé le 7 janvier 1774 Charles-Claude-Olivier, baron de Montreuil, les terres de la Coulouche et de Vaugeois se trouvaient réunies, en 1789, dans les mains de M. et de Mme de Montreuil.

Le château de la Coulonche, détruit pendant la Révolution, avait une importance véritable. D'après un aveu de 1683. il était composé de « cuisine, offices, salles de commun, caves et celliers, vestibule et salon, grandes chambres, arrière-chambres, antichambres, dômes et pavillons couverts d'ardoises, grands et petits escaliers, avec des balcons de devant et derrière, garnis de balustrades de fer dorées en partie, avec les écuries, haut et bas jardin etc ».

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Depuis de longues années, Jean-Haptiste Sébault, intendant de la famille d'Argouges de Rasnes, entretenait par ses exigences hautaines les rancunes des vassaux de la seigneurie, « Tout semblait en effet à cet agent trop zélé matière à chicane, à protestations, à recherches. Le 21 mai 1764, afin d'établir un droit de patronage, il fait monter le tabellion de la Sauvagère dans le clocher de l'église, pour transcrire sur ses minutes les titres gravés sur les cloches; le mois suivant, il l'oblige a descendre dans les caveaux de l'église de la Coulonche pour relever les inscriptions des cercueils des anciens seigneurs etc. C'est lui, en partie, qu'il faut rendre responsable de la réputation de violence et de hauteur qu'a laissée Louis-François d'Argouges, surnommé le diable de la Coulonche pour la dureté avec laquelle il réclamait les moindres droits seigneuriaux.–L'attaque dirigée contre les seigneurs de la Coulonche de Vaugeois s'explique dés lors très facilement.–

Essai Sur Le Tiers-État Rural Ou Les Paysans de Basse-Normandie

 Par L'Abbé P. D. Bernier

 

On lit dans le mémoire du Subdélégué de Falaise (1767), au sujet de Louis François d'Argouges seigneur de la Coulonge : « Il vexe et ruine les paroissiens. Il prétend être si despotique dans la pays que, les huissiers n'oseraient y aller pour faire sortir les deniers royaux, étant menacés d'être pris et emprisonnés dans son château : il y a eu déjà plusieurs exemples.

« On ne peut savoir pourquoi une paroisse qui a été très bonne est devenue si misérable en peu de temps, et les habitants assez mauvais sujets et méchans »

Le gentilhomme sur lequel pèse la responsabilité de ces misère n'est d'ailleurs connu que sous le nom de Diable de la Coulonche; c'est à son adresse que le curé Métairie, recevant par un valet l'ordre insolent et illégitime de lui présenter l'eau bénite dans l'église de Saint-Maurice, envoie cette réponse célèbre: « Hélas! Mon gars, va dire à ton maitre que je n'ai pas le pouvoir d'exorciser. »

Les héritiers de Louis François d'Argouges recueillent le fruit de son impopularité. En 1789 Mr et Mme de Montreuil, menacés par des vassaux rebelles, ne doivent leur salut qu'à la fuite. Le château de la Coulonche est dévasté, et les 2837 titres du chartrier sont livrés aux flammes.