Martin d'Argouges, Maire de Tours
Seigneur de Saint Julien de Chédon et de Villiers








Fiche généalogique


The Douglas book (Volume 1)
Auteur : Fraser, William, Sir, 1816-1898 Edité en 1885

TRIUMPHANT RECEPTION IN TOURS, 1424.

It was customary to receive the new lords of provinces with great ceremony and a number of presents, and the inhabitants of Tours resolved so to meet the Earl of Douglas. The presents consisted of six pipes or twelve hogsheads of wine, six hogsheads of oats, fifty sheep, four fat oxen, and one hundred pounds of wax in torches. The citizens deputed two of their clergy and four notables to go to Loches to compliment the Duke in name of the town, and formed a company of mounted citizens who should escort him. These met the Duke at some distance from Tours and accompanied him to the town. He made his entry on the 7th of May by the gate of Notre-Dame-la- Riche, being received there by the four magistrates of the town, and by all the citizens armed. Martin d'Argouges, the chief magistrate, presented the Duke with the keys of the town, and in a speech, prayed him to maintain the inhabitants in their privileges, freedoms, and liberties. This was promised by the Duke, and the magistrates took instruments of his consent in the hands of three notaries provided for that purpose. Having received the keys, the Duke returned them to the keeping of the chief magistrate, and then entered the town, which was en Fête for the occasion with decorations of tapestry and flowers, and was hailed with acclamations from the people.

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Archibald Douglas (v. 1369 – 17 août 1424), 4e comte de Douglas et comte de Wigtown, fut un noble écossais, 1er duc et pair de Touraine.

Fils de Archibald Douglas (3e comte de Douglas) dit "le Hideux" mort en 1400.

Il épouse en 1390 Margaret Stuart (morte vers 1456) seconde fille du roi Robert III d'Écosse. En 1402 il fut jugé mais acquitté pour sa participation au complot qui avait couté la vie à David Stuart (duc de Rothesay) héritier du trône d'Écosse.

Il mèna ensuite une carrière de soldat et participe à la lutte contre les anglais. En 1421 il est chargé par le régent d'Ecosse avec son gendre John Stuart (2e comte de Buchan) de conduire en France une armée de 10.0000 hommes pour secourir le futur Charles VII de France contre les anglais.

Ces derniers sont complétement défait à la sanglante Bataille de Baugé (mars 1421). Archibald Douglas est créé pour ce haut fait Lieutenant Général du royaume de France et duc et pair de Touraine, pendant que John Stuart reçoit l'épée de Connétable de France.

Les écossais sont défaits 3 ans plus tard le 17 août 1424 par le duc de Bedford Régent de France pour Henri VI d'Angleterre à la Bataille de Verneuil au cours de laquelle Archibald Douglas, son fils cadet James et John Stuart trouvent la mort. Archibald Douglas est inhumé dans la cathédrale de Tours.


Histoire de Touraine, depuis la conquête des Gaules par les Romains, jusqu'à l'année 1790
Auteur : Jean Louis Chalmel Edité en 1828


Dès qu'on sut à Tours que le roi avait donné au comte de Douglas le duché de Touraine, et que le nouveau duc se disposait à partir pour en venir prendre possession, on s'assembla à l'hôtel-de-ville, non pour considérer qu'on allait passer sous le gouvernement d'un étranger, mais pour délibérer qu'on irait au-devant de lui et qu'on lui ferait les présents d'usage. Ces présents consistaient en six pipes de vin (douze barriques), six muids d'avoine, cinquante moutons, quatre boeufs gras et cent livres de cire en torches. On députa deux ecclésiastiques et quatre notables pour aller à Loches complimenter le duc au nom de la ville, et l'on forma une compagnie de bourgeois à cheval pour aller à sa rencontre. L'ayant trouvé à une certaine distance de la ville, elle l'accompagna jusqu'à son arrivée à Tours, où il fit son entrée le 7 mai par la porte de Notre-Dame-la-Riche. Là il fut reçu par les quatre élus de la ville et par tous les bourgeois en armes. Martin d'Argouges, premier élu, porta la parole en lui présentant les clefs, et le supplia de maintenir les habitans dans leurs privilèges, franchises et libertés. Le duc le promit, et les élus prirent acte de son consentement par-devant trois notaires qu'ils avaient amenés exprès. Le duc, ayant ensuite pris les clefs, les rendit aussitôt au premier élu. Alors il entra dans la ville,où il fut reçu aux acclamations du peuple. Les rues étaient tendues de tapisseries et jonchées de fleurs. Il alla directement à la cathédrale, à la grande porte de laquelle il trouva l'archevêque et tous les chanoines en chapes. Le doyen lui présenta un surplis, une aumusse1 et un bréviaire. Le duc, ayant prêté le serment entre ses mains, fut reçu chanoine et installé au chœur, en présence de Louis de Bourbon, comte de Vendôme, grand - chambellan de France, de Louis de Bourbon son frère,.prince de Carency, de François de Grigneux et de plusieurs autres seigneurs. Le lendemain il alla à l'église de Saint-Martin, où il fut pareillement reçu chanoine honoraire. Après ces cérémonies, il établit Adam Douglas, son cousin, gouverneur de la ville et du château de Tours, suivant ses lettres du 27 mai 1424. Les habitants, par délibération des élus, firent présent au nouveau gouverneur de deux pipes de vin et d'un muid d'avoine.

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Portée au Moyen Âge par tous, hommes et femmes, pour se protéger du froid, l'aumusse était une coiffure couramment utilisée par les prêtres et les chanoines. Elle est devenue, comme partie du costume de chœur, un insigne distinctif des chanoines concédé aussi aux bénéficiaires de certains chapitres.


Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine - Tome I
Auteur : J.-X. Carré de Busserolle



Argouges (le fief d'). — Il consistait en cens et rentes dans les paroisses de Noizay et de Vernou il relevait à foi et hommage simple de la chàtellenie du Bas-Pocé et de la prévôté de la Basse-Rochère. En 1438, il appartenait à Martin d'Argouges, et, en 1777, à François Chenantais de l'Offerrière, qui rendit hommage le 22 février de cette année. — (Arch. d'I.-et-L., E, 38.)

Les ecclésiastiques, qui se voyoient exclus des assemblées ordinaires et prétendant avoir part aux affaires de la ville, renouvelleront leurs demandes en 1422, sous le règne de Charles VII dit le Victorieux ; on ne fit point droit sur leur demande ; on procéda à l'élection. Le choix tomba sur Martin d'Argouges, Jean Le Saintier l'aîné et Michel Cherbonneau; Guillaume Toreau fut nommé receveur; la nomination fut faite en présence du capitaine du Château, qui avoit séance aux assemblées ; le bailly de Touraine ou son lieutenant, même le juge ordinaire, y présidoient.
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Registres de 1424 et 1425. Sr Demuy, grandbailli ; mort du duc de Douglas.

- Le comte de Douglas, qui avoit échappé à l'affaire de Verneuil, fut tué à la bataille d'Ivry1, le 17 août, ainsi que son fils, le connétable et beaucoup d'autres seigneurs. Les élus apprirent que le Roy avoit donné le gouvernement du château au sieur Demuy, lequel se rendit à Tours et y reçut les présents de la ville, qui consistaient en deux Jalais de vin ; ils en donnèrent autant au bailly de Touraine, et une à celui qui avoit aporté la nouvelle ; elle avoit été annoncée d'avance par le nommé Pinson, domestique d'un officier écossois qui passa dans cette ville peu après la bataille ; aussitôt les élus firent une assemblée générale, à l'hôtel du révérend Père en Dieu l'archevêque de Tours, à laquelle Martin d'Argouges, Jean Saintier et Michel Cherbonneau,élus, assistèrent en présence du juge, du chancellier du deffunt duc de Touraine; plusieurs députés des églises de Sain t-Gatien et de Saint-Martin y assistèrent pareillement. On proposa de pourvoir à la garde de la ville et à la sûreté des habitans ;par la délibération, il f ut arrêté, ce requérant les gens qui avoient la garde du Château par ordre du deffunt, qu'on fourniroit les vivres pour les hommes et la nourriture des chevaux ; on approuva la dépense qu'on avoit faite pour eux, ces gardes disant n'avoir ni provisions, ni argent pour en acheter, ce qui fut ainsi délibéré jusqu'à ce qu'autrement il en fut ordonné par le Roy. L'archevêque de Reims vint à Tours de la part du Roy pour pourvoira l'acquittement des dettes du duc de Touraine ; on lui fit les présents d'usage en vin, dans de grands pots d'étein appartenant à la ville ; il faloit que dans ce tems on regardât ces vases comme bien précieux, car on le répète souvent dans les registres.
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Commissaire ecclésiastique tenant place d'un elu. Registre de 1428.

L'élection des nouveaux élus pour l'année 1428 se fit à l'ordinaire ; on nomma Martin d'Argouges et Pierre Mésangère; ils prêtèrent serment entre les mains d'un bourgeois qui représenta le lieutenant du bailly.
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Députations aux Etats tenus à Tours. - Registre de 1429.

Martin d'Argouges et Jean Guidier furent élus, le premier par continuation, le second par nommination faite le 28 octobre précédent. Léonnard Champenaye. chanoine de l'église de Tours, fut nommé commissaire au lieu du sieur Chevrier

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Le Roy et la reine viennent à Tours.

Martin d'Argouges fut encore continué pour l'année 1431, et à la place de Jean Guidier on nomma Pierre Bonnart. Le Roy et la reine vinrent à Tours au mois de may ; les élus députèrent le chanoine de l'église de Tours qui avoit assisté à l'assemblée, avec le commissaire ecclésiastique et autres pour leur faire la révérence et leur offrir du poisson ; on fit tendre les rues ; les fourriers dirent que la tenture leur appartenoit et sans aucune difficulté on composa avec eux à 30 livres; la délibération ne fait pas mention d'autre cérémonial

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Avis donné aux élus de la paix conclue à Arras.— 1435

Martin d'Argouges et Jean de Pontcher furent nommés élus ; c'est dans cette année que la paix fut conclue avec le Roy et le duc de Bourgogne, au mois d'août, dans la ville d'Arras, dont on fit l'honneur de donner la nouvelle aux élus, qui fut aportée par un exprès auquel les élus firent donner six réaux ; le registre de cette année ne porte rien autre chose d'intéressant, sinon la nomination de Jean Saintier l'aîné et de Michel Cherbonneau pour élus, le commissaire ecclésiastique comme à l'ordinaire pour une année seulement.

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La veille de la Toussaint on nomma pour élus Martin d'Argouges et René Bernard pour 1438 ; ce fut dans le cours de cette année qu'on rebâtit l'église du Chardonnay pour laquelle les élus firent donner 25 livres par bonne volonté ; Martin d'Argouges fut continué pour l'année suivante et on nomma Pierre Biette par augmentation aux deux autres élus; ainsi le nombre étoit comme arbitraire.

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Précautions des élus pour la deffense de la ville.

On nomma, pour 1441, Gilles de Bryon et Jean Barrier; ils furent continués l'année suivante; Martin d'Argouges et Michel Cherbonneau furent élus pour 1443. Les Anglois avoient recommencé leurs hostillités contre la France; on donna avis aux élus qu'ils se disposoient à s'approcher de cette ville ; ils prirent toutes leurs sûretés pour se mettre en état de deffense ; ils ordonnèrent une garde bourgeoise de jour et de nuit, posèrent des sentinelles à toutes les portes, qu'on fit fermer ; on fit le dénombrement des habitants, on chassa de la ville tous les mendians.

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Réduction des commissaires ecclésiastiques et origine des échevins.

Nous avons observé, à l'année 1425, qu'on avoit pris le parti de nommer des commissaires pris dans l'état ecclésiastique et parmi les séculiers, au nombre de vingt-quatre, dont sept ecclésiastiques, compris un religieux de Saint-Julien pour l'abbé ; mais, par la délibération du premier mai 1449, ces commissaires furent réduits à douze, dont cinq seulement ecclésiastiques, compris celui de l'archevêque, qui fut M. Martin d'Argouges, deux du chapitre de Saint-Gatien et deux de celui de Saint-Martin, et le surplus parmi les séculiers, auxquels on donna pouvoir de régler avec les élus ce qui seroit nécessaire et d'ordonner ce qui seroit avisé pour le bien public.


1 L'opinion commune est cependant que le duc de Douglas, son fils Jacques ou Jamet, et son gendre le connétable, furent tués non pas à Ivry, qui venait de se rendre aux Anglais, mais à la bataille de Verneuil, qui eut bien lieu le 17 août. Cf. Mêmoires concernant la Pucelle, édition Petitot, t. VIII, p. 106.